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  • : 5 ans à passer au MagyarLand, un pays presque imaginaire, perdu dans la zone négative du libéralisme, qui serait gouverné par un paranoïaque magyar, à la tête d'une cohorte puissants marchands d'armes et de propiétaires des médias, qui prendraient les citoyens pour des playmobils... "Ils vivent, nous dormons..." Cette phrase tirée du film "They Live" de John Carpenter sera notre fil rouge. Ce blog, contre les encouragement aux goûts de chiottes et contre l'avachissement généralisé, et su
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Jeudi 3 avril 2008

Bien que parfois lassé d’entendre la sempiternelle exclamation proférée à mon endroit par certains mêmes de mes meilleurs amis, à savoir : "Rhooo, on a vu un truc super con hier, on a pensé à toi !", je me risque aujourd’hui et une fois de plus à me faire avocat du diable, à tendre une perche de qualité quasi olympique en même temps que les deux joues, bref, à défendre l’indéfendable, ou le réputé tel.

 


C’est bien connu, Internet est un puits de culture littéralement sans fond, puits à la grâce duquel j’ai pu étancher il y a deux soirs ma soif de connaissance, en regardant le très intéressant portrait (réalisé par canal + en 2003) d’un philosophe belge mondialement connu, portrait s’intitulant : Dans la peau de Jean-Claude Van Damme.


 

 

(Le belge de l'enfer)



Depuis longtemps déjà, je soupçonnais que ce type n’était pas nécessairement aussi stupide que certains de ses films : ce n’est pas à la portée du premier venu de commencer une carrière en 1985 dans des films de karaté à petit budget et d’être toujours présent – d’une façon ou d’une autre –  en 2008. Que ceux qui se souviennent de Dolph Lundgren dans Rocky IV ou de Michael Dudikoff dans American Ninja me comprennent.

(Américan Ninja, sans rire...)

Il s’avère que j’avais raison.

S’il est vrai que ses tournures de phrases sont parfois bizarres, Van Damme ne s’en montre pourtant pas moins lucide sur ses choix de vie, de carrière, ses erreurs, la façon dont on le perçoit généralement en interview, et la mentalité qui règne dans l’industrie du cinéma , et ceci sur un ton si franchement honnête qu’il en frôle parfois la candeur absolue.

 

(JCVD, la classe avec la candeur en plus...)


Il a fait de mauvais films, il a été con, il a refusé des trucs qu’il aurait du prendre et pris des trucs qu’il aurait du refuser, touché à la came comme n’importe quel type qui commence à réussir à Hollywood, etc. Il a aussi galéré pas mal et bossé dur avant de réussir à convaincre Menahem Golan qu’il avait du "potentiel" et de se voir donné le premier rôle dans Blood Sport, que je confesse n’avoir toujours pas vu. J’ai en revanche vu Cyborg, autre production du Canon Group et série B qui se mate sans déplaisir, pour peu qu’on aime les films sans dialogue, sans trop d’histoire, et avec un peu de sadisme gratuit dans les coins quand même.

Attention, je ne veux pas faire passer Van Damme pour le nouveau Gandhi ; simplement, en une heure d’interview, il a dit plus de trucs sensés que Bernard-Henri Levy ou Jack Lang en vingt ans.

 



(Jean-Claude Gandhi)

 

Mais ceci n’est pas LA révélation de cette interview.

La révélation, c’est que Jean-Claude Van Damme a fait au moins UN bon film. Au cours de cette interview, il mentionne In Hell, de Ringo Lam, son dernier film à l’époque, et sorti directement en vidéo. Ce film je l’ai regardé hier soir et, si je le déconseillerai aux âmes sensibles, je le recommanderai à au moins l’un d’entre vous, qui vibra il y a peu en ma compagnie pendant la séance de Rambo IV.


 

In Hell (a.k.a The Savage) est un film ultra-violent et hyper dur, qui se passe dans le doux univers carcéral de la froide Russie et qui commence tout de même par une scène dans laquelle un détenu se fait arracher la langue à la tenaille. L’histoire est simple, quand l’assassin de sa femme est relâché par un juge corrompu, Kyle Leblanc l’abat en pleine cour de justice et est condamné à perpétuité. De là, un avenir peu reluisant dans une prison modèle où tout se vend, s’achète, se prostitue, se viole et se tue.

Les gardes et le directeur se font même de l’argent en plus en organisant le Sparka, durant lequel des détenus combattent férocement pour la distraction de leurs geôliers. Pas de karaté cependant dans In Hell. Quand il arrive en tôle, Van Damme se fait éclater comme le premier venu. Ce n’est qu’après avoir accepté les règles du jeu qu’il commence à s’y mettre et à retourner à l’envoyeur les pains qu’on lui distribue à tour de bras. Et c’est là tout l’intérêt du film, car se pose alors la question cruciale : faut-il se plier au jeu, ou résister et garder son identité, et la violence est-elle la seule façon de combattre ?

 


(JCVD au top, après RÉPLICANT, sans dec...)

 

Desservi par une version française médiocre (mais on a vu pire), In Hell m’a pourtant plus impressionné que le très chiant et surfait Midnight Express, tant par sa réalisation, son ton, que par le réalisme de l’univers qu’il décrit. Enfin, il est assez exceptionnel que les deux scènes clés d’un film de Jean-claude van Damme soient justement celles où il refuse de se battre. Il n’en n’est pourtant pas moins sorti directement en vidéo dans une indifférence unanime, à une époque où des bouses telles que Benjamin Gates II ou Disco font salle comble…




 

 

 

Oswald Carcano

 

par Alain Soomy
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